Médiation par les pairs

La médiation par les pairs

Le collège est un lieu important où nos jeunes adolescents passent une bonne partie de leur temps hebdomadaire. 720 élèves réunis à l’école, non seulement pour accumuler des savoirs mais aussi et surtout faire l’expérience des règles du vivre ensemble, un apprentissage de la socialisation.
Depuis la maternelle, les enfants goûtent à cette dure loi du commun et s’extraient peu à peu de leurs préoccupations primaires, individuelles et familiales.
A l’adolescence, voir article « les années collèges », les petits d’Homme sont confrontés à un bouleversement hormonal et psychique, qui pour un temps les met en position de fragilité.
Ainsi c’est sans carapace, dans une mue étrange que tous ces enfants « se coltinent » la relation à l’autre. Envers les adultes mais aussi à l’égard de leurs propres pairs vis à vis desquels la vie n’est pas toujours rose ! Violence, agressivité, recherche d’appartenance.

Afin d’aider ces enfants à gérer au mieux ces conflits inévitables, le collège Paul Eluard, a décidé de mettre en place la médiation par les pairs.

Ce projet est en marche depuis 2013, en partenariat avec l’école élémentaire Louise Michel. Une intervenante extérieure, est venue présenter le fonctionnement de ce dispositif et former les équipes volontaires.
En ce début d’année scolaire, 49 élèves, de niveau cinquième, ont reçu la formation, dont 20 ont été initiés aux compétences psycho-sociales.
Ces médiateurs en herbe sont donc prêts à intervenir dès le printemps auprès de leurs camarades aux prises à des disputes ou des « embrouilles ».
Concrètement, suite à une dispute dans la cour, en classe ou bien encore dans les couloirs, les médiateurs, qui ne peuvent intervenir qu’auprès des copains du même âge qu’eux ou plus jeunes, en l’occurrence, les 6eme et les 5eme, au sein de notre collège, proposent aux « médiés » sur des temps hors cours, de se rencontrer.
Une salle dite de « médiation » est mise à leur disposition, où se déroule la médiation en 4 étapes :

  • Les médiateurs demandent aux « médiés » un récit des faits en posant des questions simples
  • Les enfants doivent reformuler les faits en s’appliquant à décrire les émotions qui les traversent au moment du conflit et maintenant. Ils doivent également nommer les valeurs qui sont en jeu au sein du désaccord.
  • Commence une recherche de solution possible pour régler le conflit
  • Une solution est choisie où aucun des protagonistes ne doit perdre la face ; c’est du gagnant/gagnant.

La médiation est donc bien une méthode qui permet de réguler les conflits, de créer un espace intermédiaire où les protagonistes peuvent exprimer leur colère, leur souffrance pour s’en libérer et surtout trouver eux même des solutions au problème rencontré.
Les médiations se font sans la présence d’adulte. C’est son principe même mais néanmoins, l’adulte est à proximité et disponible.
Les médiateurs et les médiés ont également à leur disposition des outils concrets, tels que par exemple des fiches où des émoticônes sont recensés pour faciliter l’expression des émotions, lors de la médiation.
Les médiateurs, à l’issue de la rencontre, doivent remplir une feuille, (cases à cocher), qui fera état et laissera une trace de la médiation accomplie, officialisant ainsi la signature d’un pacte où les enfants acceptent les règles et les solutions de pacification.
D’un point de vue plus général, la médiation semble bien être une réponse parmi d’autres, sans doute, aux problèmes de violence à l’école.
Cette dernière propose une méthode innovante, qui favorise la canalisation des pulsions agressives de nos adolescents en les transformant en énergie positive.
C’est également, une formation éducative pertinente, à l’humain, à son devenir de citoyen, responsable.
En outre, la médiation par les pairs, aide nos enfants à construire leur identité subjective et sociale, contribue à une narcissisation salutaire, où sont développées une intelligence intra relationnelle et les valeurs du vivre ensemble.
Enfin les médiateurs et les médiés ne sont pas sous le joug de l’obligation de faire mais plutôt engagés dans une démarche libre de construction d’élèves responsables de leurs actes.

Le 12/01/2014, par Isabelle Arrebolle, présidente de la FCPE